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1966 marqua un tournant dans l’avenir de la Colombette. C’est à cette date que je repris le domaine. Les premières années au coté de mon père furent un dur apprentissage. Nous n’avions pas de tracteur et tout était travaillé au cheval. Durant 7 ans j’appris à travailler avec cet animal et si ce ne fut pas toujours désagréable, j’estime le retour de ce genre de bestiau comme on l’entend aujourd’hui : utopiste.
A partir du début des années 70, j’eus plus de liberté et, soutenu par ma femme Jeannette, j’ai commencé à rénover le domaine. Je fis le choix difficile de ne jamais m’appuyer sur les subventions mais de pratiquer une viticulture tournée vers un marché qui recherchait plus de qualité. Il a fallu tout créer. J’ai planté des cépages que l’on ne pensait pas adapté aux conditions languedociennes. D’abord du Grenache et de la Syrah puis du Chardonnay du Sauvignon ou du Pinot. Tout ce travail de pionnier s’est accompagné d’un bras de fer permanent avec l’administration, comme on en connait aujourd’hui avec notre travail sur le management du taux d’alcool. Comme quoi, « Les temps changent » plus facilement que les gens… Le mode de taille et de conduite ont été chamboulés avec l’adoption de la taille Royat et de palissages pour se rapprocher des standards des grandes régions françaises. La mécanisation de la récolte, 7 ans seulement après avoir abandonné le cheval a permis de passer plus de temps en cave. La vinification est devenue plus pointue avec le plus important pour nos régions : la maitrise des températures. L’apprentissage de l’élevage en barrique et la mise en bouteille n’ont pas été de minces affaires. Tout ce travail pour la qualité fut largement récompensé. Tout d’abord par des clients fidèles et toujours plus nombreux mais aussi par des concours. Le plus révélateur a été le concours des « chardonnay du monde» où j’ai obtenu deux fois la plus haute distinction terrassant les plus grands bourgognes. Cela m’a valu le surnom qui ne me déplait pas de « diable du chardonnay ». Il vaut mieux être le diable que le Bon Dieu, on lui demande moins de choses.