SON VIGNOBLE

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Une Visite avec Vincent Pugibet

« Faire le choix de vin de pays, c’est choisir la liberté, le changement et la diversité, le choix de pouvoir créer et imaginer.
Ce vignoble a bien sûr une histoire, une tradition, mais on l’a voulu vivant … Evolutif. Un vignoble qui vit avec son temps.
Celui de mon grand-père ne ressemble pas à celui de mon père, qui lui-même ne ressemble pas au mien.
Le plus simple pour le découvrir est de partir s’y promener. Au fils des pas, vous découvrirez une histoire, un terroir et des anecdotes savoureuses. Mais surtout nous essayerons de vous faire comprendre nos choix. D’aucuns les jugeront iconoclastes, ils vous paraîtront certainement atypiques, nous les pensons avant-gardistes.
Bonne promenade et bonne découverte. Par ici la visite !»

1 Robert : l’origine du domaine

Commençons par le commencement et rendons-nous à Robert. Cette vigne est à l’origine même de la constitution du domaine. L’arrière-grand-père Louis PUGIBET maréchal-ferrant, l’a reçue en dot à la fin du XIXème siècle. J’ai connu cette vigne dans son aspect le plus traditionnel, avec de l’Aramon et du Carignan taillés en gobelet, le tout complanté d’arbres fruitiers. Ce type de vignoble était compliqué à travailler avec des tracteurs, ainsi a-t-il petit à petit disparu à la fin des années 70.
Mon père, quant à lui, s’est fait plaisir en plantant en bordure une allée d’amandiers qui, à floraison en février, est un bonheur pour les yeux.

2 Le Puech d’hortes : le panorama et les hautes densités

Elevons-nous pour arriver au sommet du Puech d’Hortes. En occitan, «le Puech » est une colline, « hortes » signifiant les jardins. Le Puech d’Hortes est donc la colline des jardins. L’aqueduc romain qui alimentait Béziers en eau, passe au pied de la colline expliquant ainsi la présence des jardins ; nous utilisons cette dénomination pour l'une de nos cuvées. De ce point culminant on découvre la région. La vallée du Libron d’abord qui part de Faugères pour se jeter dans la mer près d’Agde. Vient ensuite tout le rebord du massif central avec le Pic Saint Loup, le Larzac, le Caroux et la montagne noire. Côté littoral, le promontoire de Sète avec son phare bien visible la nuit et le Volcan d’Agde se distingue nettement sur l’horizon. Plus au sud enfin, par beau temps, trône le célèbre Canigou enneigé. Sur cette croupe argilo-calcaire nous avons une grande parcelle de Chardonnay planté à haute-densité. Ces raisins donnent chaque année la base de notre cuvée "Chardonnay demi-muid".

3. Lasserre : Lledoner et sauvignon

En poursuivant sur le plateau, nous arrivons à Lasserre. Cette parcelle, qui porte comme souvent le nom ou le prénom de l’ancien propriétaire, est essentielle à la production des hauts de gamme du domaine.
On y trouve d’abord le fameux Lledoner, vieux cépage catalan dont mon père a créé un conservatoire. C’est la plus vieille vigne du domaine qui donne de magnifiques vins de garde. C’est la dernière vigne taillée en gobelet.
A côté, le terroir est magnifique pour le Sauvignon. Ce plateau en effet se termine par une ancienne lagune, les fossiles d’huitres y sont à profusion. Le souvenir de ces coquilles poussera peut-être le vin à bien se marier avec les fruits de mers… ?

4 Boyer le vignoble ressuscité

En redescendant de la colline on se rend à Boyer. Récemment acquise, cette grande parcelle était fortement malmenée et nous projetions de l’arracher. Avant d’en arriver là nous avons toutefois décidé d’y expérimenter la taille mécanique.
Aujourd’hui, grâce à ce vignoble, nous avons beaucoup appris sur la physiologie végétale et avons mis au point notre concept de conduite en haie naturelle. C’est devenu une des parcelles phares du domaine, une des plus visitées par nos confrères.

5 Le calvaire

Ce nom, emprunté à un ancien chemin de croix tout proche, pourrait augurer d’une parcelle rude. Il n’en est rien, ce sont de très bons sols. Comme l’ensemble du vignoble, la parcelle s’ouvre sur la vallée du Libron orientée sud-est, dans l’axe des vents dominants. Elle est à l’abri du vent du nord et bénéficie des entrées maritimes l’après-midi pour rafraichir les nuits.

6 La grande pièce et le devant de porte

Revenons vers le domaine en traversant les parcelles de la grande pièce et du devant de porte. C’est le vignoble historique de mon arrière grand-père qui l’a unifié en rachetant ces 7 ha à pas moins de 21 propriétaires différents, quelques pieds appartenaient même au curé de Boujan.
Constitué de marnes du miocène penchant vers le nord, ce vignoble est idéal pour la production de blanc et de grenache. Mais il est intéressant de s’arrêter près de la station météo pour appréhender l’irrigation et comprendre notre climat méditerranéen.
Nous pensons que l’irrigation vaut mieux que les prières ou l’impôt sècheresse. A la fin des années 90, quand nous installâmes l’irrigation, le sujet était encore très polémique. Je me rappelle de ce responsable de l’ONIVINS qui m’expliquait que ce procédé était interdit. Je lui avais parié un repas au « Jardin des sens » qu’il ne me trouverait pas de texte de loi prouvant ces dires. Il n’a jamais trouvé ces textes et j’attends toujours son invitation. Ils ne sont vraiment pas beaux joueurs dans l’administration…

7 Bord de route

Juste avant de traverser la départementale pour descendre vers le Libron, passons au milieu de ces magnifiques croupes calcaires dont on sort de grands chardonnays. On peut admirer là le vignoble qui a fait le succès des années 90 et 2000 avec ses troncs bas à moins de 40 cm pour limiter les pertes en eau et maintenir la vigueur. Sa taille est courte en cordon de Royat avec trois têtes de chaque côté et un palissage vertical imposant au moins 140 cm de feuillage. Aujourd’hui cependant, ce système commence à être remis en cause pour une évolution vers une conduite en haie naturelle.

8 le Libron

Traversons la route et la voie de chemin de fer pour arriver au vignoble en bordure du Libron. Les sols sont limoneux et fertiles, la production y est généreuse et donne de beaux rosés.
Le Libron est un petit fleuve côtier, on y va régulièrement avec mon fils taquiner les poissons. L’endroit y est frais, agréable et boisé. Entre les arbres on aperçoit le château de Ribaute, belle bâtisse du XIIIème siècle, puis, en traversant la rivière, on arrive au bois privé de Ribaute, 50 ha de forêt méditerranéenne préservée, un bonheur pour les enfants.

9 Derrière maison

En remontant vers la maison, on traverse quelques vignes qui ont fait le succès du domaine et qui expriment tout le savoir faire, toute l’ingéniosité de mon père… : les vignes Ollière et 160, respectivement le plus vieux Chardonnay et la première vigne à haute densité. On ne compte plus les médailles et les distinctions qu’on a obtenues ici. Sur ces terres les bourguignons ont tremblé...

10 Pêcher

Nous voilà dans le premier vignoble qu’a acquis mon père lorsqu’il s’est installé sur le domaine. A l’époque il n’y avait que des pêchers. Il produisit des pêches durant plusieurs années avant de replanter de la vigne. J’ai depuis, par divers achats, considérablement agrandi ce tènement pour arriver à 12 ha d’un seul tenant.
Dominant le ruisseau de Pré long, ces sols argilo-calcaires, avec de gros galets roulés, donnent de très bons sauvignons. On trouve dans le haut des sables éoliens très fins.
Dans le bas enfin, nous avons fait un forage pour l’irrigation. Miracle de la nature, il s’agit d’un puits artésien qui donne près de 7m3 à l’heure.

12 Pujol, des plantations pour l’avenir

J’ai acquis ce vignoble auprès de Pierre Pujol qui aimait beaucoup ce site et, tout particulièrement, l’ombre des pins parasols. Il est malheureusement décédé juste avant la signature définitive. Autour de la petite grangette « maisonnette servant à mettre à l’abri les chevaux de trait à l’époque », s’étend une croupe de sols sableux.
Ce vignoble est en pleine restructuration. Les premières vignes plantées pour la conduite en haie naturelle se trouvent ici. Nous avons également 2 hectares de riesling, certainement le grand cépage blanc des années 2010. Beaucoup d’espoirs sont donc mis dans ce vignoble.

11 dessus de la route

L’ancienne route de Bédarieux qui passe au dessus du domaine est l’ancienne voie romaine qui partait vers le nord de Béziers. A notre niveau, elle délimite deux types de sols, deux couches sédimentaires bien distinctes.
Au dessous de la route, on trouve des marnes calcaires tandis que ce ne sont au dessus, que des argiles acides. Il y pousse du mimosa et du châtaignier.
Dans ces sols souvent difficiles à travailler, on trouve une multitude de petites parcelles dans lesquelles s’épanouit la Syrah.

13 Pansieyrou

La « pansière » en occitan signifie «la retenue d’eau ». Dans ce vignoble proche de Béziers, on trouve quelques aménagements hydrauliques romains. Le ruisseau porte tout un tas de vestiges. En bordure de la parcelle se trouve les regards permettant d’accéder à l’aqueduc souterrain.
Ce magnifique penchant nord, planté pour le moment en Cinsault et Carignan sera bientôt replanté en Sauvignon.

14 Barbejo

Dernière acquisition très symbolique. On quitte les environs immédiats du domaine pour 18 kilomètres de routes qui nous amènent près du volcan de Saint Thibéry. Là se trouvent 30 hectares de terre sur une arête villafranchienne. Les sols sont argilo-graveleux et très peu calcaires. C’est un terroir très complémentaire de celui de la Colombette. Autant nous avions un terroir favorable aux blancs, Grenache et Pinot noir. Autant ici, c’est le royaume des rouges concentrés, les Cabernets, Merlot et Syrah.
Sur les 13 hectares de champs qui constituent l’entité, nous allons implanter les nouvelles générations d’hybrides issues de la recherche Suisse et Allemande : des vignes qui, ne devant jamais être traitées, seront un véritable vignoble bio et, très certainement, le vignoble d’avenir du Languedoc.

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